Caractéristiques d'accelibreinfo

Fonctionnement

accelibreinfo est une association loi 1901 à but non lucratif. Elle est dirigée par un Conseil d'administration. Ce dernier est horizontal, c'est-à-dire que tous y ont la même voix. Parmi ses sept membres, cette instance compte un directeur général et une trésorière. Les autres personnes se sont vues attribuer un mandat selon un secteur de compétence défini : communication, matériel, logiciel, prospective.

Bien qu'horizontal, le Conseil d'administration puise ses impulsions dans le directeur général et dans son action. Ce sont lui et la trésorière qui lui proposent, en concertation étroite avec les autres membres, les orientations possibles et les choix techniques impliquant un investissement.

A noter enfin que tous les membres du Conseil d'administration exercent leurs fonctions de manière rémunérée. Tout changement en la matière doit être validé par l'assemblée générale.

Données matérielles

L'association se divise en deux cœurs. Son siège administratif est basé dans le Var, à Cuers. Mais d'un point de vue opérationnel, la personne qui assure la plupart des prestations se trouve à Paris et peut, de ce fait à moindre coût, se déplacer dans la France entière et à travers le monde. Les membres du Conseil d'administration sont également répartis à travers le territoire français. A ce titre, ils ont donc la possibilité de constituer des points relais de l'association partout.

Dans tous les cas, s'ils sont sollicités, ils en réfèrent au directeur général qui donne les suites adéquates aux demandes en s'appuyant sur l'expertise de chacun et la sienne.

Notons enfin que les formateurs et intervenants travaillent énormément à distance, via les logiciels de communication par Internet. A ce jour, l'association dispose d'un formateur bénévole qui est le directeur général.

Historique

Un utilisateur de GNU/Linux aveugle et expérimenté

Tout a commencé en 1995. Jean-Philippe MENGUAL est alors  un petit garçon qui est sur le point de passer au collège. Son enourage pédagogique souhaite qu'il utilise du matériel informatique, afin de mieux pouvoir s'intégrer en classe. Les avantages du système sont clairs, même s'il demeure arcaïque : facilité de communiquer avec les personnes valides, moins de bruit parmi ses camarades. Mais comme pour tout handicapé, le parcours du combattant de l'intégration scolaire passait par l'achat d'un matériel adapté. Il consistait en un afficheur braille relié à un ordinateur portable. Le coût du matériel s'est avéré rapidement exorbitant. Aussi a-t-il fallu demander de l'aide autour de lui, avec un succès relatif. Au final, après de gros efforts familiaux, une aide a été apportée.

Mais les technologies évoluent vite. Peu de temps après avoir acquis ce matériel, le système Windows s'est imposé partout. Mais l'adaptation d'un système Windows pour un aveugle impliquait de nouveau un logiciel coûteux, qui exigeait près de 1500 euros (environ 10 000 francs à cette époque).

Heureusement, le lycée s'est équipé de ce logiciel et le jeune homme a pu en profiter sur du matériel prêté. Fin terminale, il a bien fallu rendre ce matériel. La question qui se posait était alors : comment financer le logiciel pour un équipement personnel? « L'énergie me manquait pour remplir de nouveaux formulaires, obtenir des subventions très inférieures au besoin, négocier, etc... » explique aujourd'hui Jean-Philippe MENGUAL. « Dans le même temps, un ami m'a alors parlé de Linux en m'expliquant que la solution était entièrement gratuite, mais réservée à des personnes passionnées d'informatique. »

Une découverte anodine du logiciel libre

Laissons-le raconter la suite de l'aventure :

« L'urgence approchant, j'ai commencé à me renseigner sur ce système d'exploitation, d'un point de vue technique. Muni de réponses rassurantes et entraîné par la curiosité du passionné, j'ai basculé.

C'est ainsi que j'ai quitté l'univers Windows pour mon poste de travail personnel. Cependant, il fallait bel et bien être passionné pour travailler avec Linux : de l'aide difficile à trouver pour un débutant, un environnement en pur texte sans le moindre icône ou menu, de la ligne de commande à la syntaxe absconte, des sites Web inaccessibles au navigateur texte... Si on survivait dans cette sphère, c'était au prix de temps, d'efforts passionnés, de concessions ou de contournements.

Je n'y voyais aucun problème. J'aimais ça. En revanche, je me savais marginal et ne prétendais pas promouvoir mes solutions, même si elles me convenaient. Tout le monde n'est pas guidé par ma passion. »

Un pas de plus vers une crédibilité universelle du logiciel libre

En 2008, Jean-Philippe MENGUAL a dû changer d'ordinateur. Réinstallant Linux sur une machine plus moderne, il a  alors eu envie de se replonger dans les vagues projets découverts au fur et à mesure de son apprentissage et censés permettre aux utilisateurs aveugles d'accéder à l'interface graphique de Linux. Après quelques balbutiments, il a découvert ces solutions. Il les a trouvées opérationnelles et elles ont changé sa vie : un gestionnaire de fichiers convivial, accès à Internet par Firefox, à la bureautique par OpenOffice.org, etc... Il a  alors pris entièrement conscience de la puissance de la communauté. Apaisé techniquement, il a pu chercher à comprendre les fondamentaux de l'idée sous-jacente du logiciel libre.

Conviction définitive que le logiciel libre est une opportunité

Une pierre manquait cependant à l'édifice. La solution lui convenait mais exigeait du matériel braille. Coûteux, exigeant la capacité de lire le braille, Linux n'était donc pas universalisable aux déficients visuels. Il existait bien des synthèses vocales, mais leur qualité était plus que moyenne et l'interface réservée aux passionnés.

Poursuivant ses recherches, Jean-Philippe finit par tomber sur un logiciel de synthèse vocale qui, connecté à la revue d'écran de l'interface graphique de Linux, offre une qualité vocale strictement égale à ce qui se fait sur Windows, et une qualité d'interface opérationnelle et gratuite, bien que moins complète que les solutions sous Windows et payantes.

Cette dernière découverte lui a fait prendre conscience d'une théorie majeure : à une exception près, qui coûte à peine 30 euros (pour payer la synthèse vocale propriétaire de qualité similaire à l'univers Windows), un non voyant ou un mal voyant peut désormais accéder à un ordinateur exclusivement sur la base de logiciels libres, gratuits, communautaires. Sa propre expérience quotidienne me montre qu'ils sont opérationnels et peuvent être mis en place rapidement, ce qui accélère le processus de réintégration. Si une subvention demande un délai de plusieurs mois, voire d'un an à deux ans, le logiciel libre peut s'installer et s'apprendre en quelques jours ou quelques semaines. D'autant que les interfaces logicielles ont fait beaucoup de progrès, chose dont il témoigne chaque jour dans son activité quotidienne.

S'impliquant davantage dans les solutions libres au titre de testeur, traducteur, « bidouilleur » de configurations et paramétrages, il a alors découvert la philosophie de ce mouvement et y a trouvé une qualité de lien social exceptionnelle. Y établir un réseau de connaissances amicales fort s'est avéré un bonheur. Depuis ce jour, il défend solidement le logiciel libre, en parlant de GNU/Linux et en défendant LibreOffice face à OpenOffice.org, donc en privilégiant la communauté au monopole. Pour autant, il découvrit rapidement que son aide à la communauté ne serait ni le développement, ni l'administration réseau. Mais il s'oriente vers l'aide aux utilisateurs (documentation, traduction, support, défense de la philosophie du libre, promotion des solutions comme outil d'accessibilité), car c'est avant tout un utilisateur, ensuite un passionné expérimenté de ces systèmes.

C'est alors qu'il décida d'aider la communauté à améliorer ces solutions, mais également de les présenter aux utilisateurs.

Très vite, il a perçu le besoin auquel elles pouvaient répondre, leur intérêt général. Sa réflexion a évolué au fur et à mesure de ses conférences et du public  rencontré: d'abord à Bordeaux aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre de juillet 2010; puis à Lyon aux Journées Mondiales du Logiciel Libre en octobre.

Enfin, plusieurs événements lui ont permis de voir un avenir au projet: l'assistance à ses conférences dédiées aux développeurs a dépassé tous mes espoirs, révélant une prise de conscience du caractère indispensable de faire des logiciels et des sites Internet accessibles, ainsi que la fascination pour les solutions libres. Ce fut le cas dès mai 2010 aux Rencontres Bretonnes du Logiciel Libre à Rennes, puis en février 2011 aux FOSDEM à Bruxelles, et au cours des manifestations précédant l'Assemblée Générale d'un groupe d'utilisateurs de logiciels libres.

Partager son vécu via une véritable expertise

Jean-Philippe MENGUAL choisit le 4 avril 2011 d'être auto-entrepreneur afin de pouvoir explorer un secteur d'activité lui permettant de rallier passion et impératif économique. Il s'agissait par ce statut d'offrir une structure fiable et solide à ceux qui ont besoin, pour donner à l'expérience une garantie contractuelle, une couverture juridique. Or, le statut d'auto-entrepreneur recouvre une activité et l'encadre de davantage de garanties juridiques, notamment il rend responsable son auteur. En même temps, ce statut permet de ne pas entrer dans une logique de rentabilité et de ne pas abandonner d'autres projets.

De l'expertise d'accompagnement à l'action

Mais le temps passe. Tout en continuant de défendre ses solutions et en rendant service à des personnes, Jean-Philippe MENGUAL se prépare à l'avenir. Pour cela, il teste les nouvelles solutions graphiques, des distributions, des synthèses vocales, comme il l'a toujours fait en informatique. C'est alors qu'il se rend compte d'une certaine fragilité technique de l'avenir. Clamant ses inquiétudes aux développeurs libristes, il sent qu'il fait face à une tendance lourde et que le seul moyen de peser sur elle pour y réintroduire le souci d'accessibilité est de contribuer franchement à la communauté.

Dans le même temps, il cherche à toujours mieux se faire connaître. Cela n'est pas sans difficultés, notamment du fait des budgets parfois lourds exigés.

Dès lors, il commence à concevoir un projet d'une autre ampleur. Partagé avec six amis, ils arivent à l'idée de fonder l'association accelibreinfo, qui verra le jour en septembre 2012.

Immédiatement, la différence se manifeste dans une facilité accrue pour communiquer : plus de stands, de sollicitation, de perspectives de financements, d'aides. Le rêve de l'association est aujourd'hui d'embaucher un développeur en mesure d'aider les projets libres. Mais comme dans tout projet démocratique, cela ne se fera que si les utilisateurs se mobilisent et soutiennent l'initiative.

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qu'offrent GNU/Linux et le libre aux déficients visuels en matière d'accessibilité

l'accessibilité au handicap visuel un défi que relèvent GNU/Linux et le logiciel libre

Un utilisateur de GNU/Linux aveugle et expérimenté

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